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Circuit court : Un changement du rôle de l’agriculteur

by sur 9 octobre 2011

 

Le circuit court a abaissé la clôture sociale entre producteurs et consommateurs. © Olivier Desvaux, Géo.fr

Produire en circuit court c’est s’engager à réduire les intermédiaires, vendre aux plus proches, au plus près. Pour certains, la démarche participe d’une agriculture durable ou biologique. Pour d’autres, c’est une réponse à un raisonnement pécunier. Qu’ils soient maraîchers, éleveurs laitiers ou porcins, ces producteurs ont tous contribué à l’abaissement d’une certaine clôture sociale, et à un rapprochement, moins kilométrique qu’éthique, avec les consommateurs.

L’image du paysan bourru, seul sur son tracteur, c’est fini. L’agriculteur du circuit court s’inscrit désormais dans un projet collectif dont il est acteur à part entière. Transformer et vendre des produits fermiers, c’est mener trois métiers de front : la production, la transformation et la vente. L’emploi du temps évolue pour ce super-paysan, multitâches. Amap, Biocoop, vente à la ferme, marchés…les lieux de vente collectifs sont choisis pour leur visibilité et leur gage de qualité. Une démarche révélatrice de changements puisque la paysannerie française n’a jamais eu cette culture collective, hormis pour le prêt de matériel, via les CUMA, ou pour la main d’œuvre (les échanges de services ne sont pas rares entre fermes). Ainsi, avec l’essor du circuit court, les producteurs s’accordent désormais aussi sur la mise en valeur du produit. Un moyen de rassurer le client, et de s’élever, ensemble, comme alternative aux réseaux de distribution traditionnels.

En s’impliquant dans les circuits courts, les producteurs viendraient répondre aux critiques diverses et nombreuses qui n’ont cessé de se faire entendre au moment des crises alimentaires. Pour Christophe Giraud et Sophie Dubuisson-Quellier, « Les mouvements écologistes et altermondialistes […] font de l’impossible traçabilité des responsabilités le facteur majeur de la défaillance des systèmes alimentaires, allant jusqu’à remettre profondément en question le contrat social qui lie les agriculteurs au reste de la société« . Est-ce qu’en faisant venir à lui le petit consommateur (pour une transparence complète, de la production à la transformation), ou en allant à sa rencontre jusqu’au pas de sa porte, le producteur, avec ces nouveaux « contrats », aurait trouvé là un moyen de se réconcilier avec les derniers échelons de la chaîne de production alimentaire, les consommateurs. « Il [les] engage aussi à devenir acteurs de leur approvisionnement […] en visitant régulièrement l’exploitation, en partageant avec [lui] les risques de sous-production ou les surplus de production » explique Stéphane Girou,

 « Si une partie [des producteurs] associe ces modes de commercialisation à une critique assez profonde du modèle agricole qui s’est imposé depuis l’après-guerre », certains sont encore loin d’afficher une démarche engagée. La paysannerie française, de par son organisation, ses représentations et ses valeurs en renouveau, fait émerger un nouvel ordre de producteurs, plus engagés, plus concernés, et dont l’innovation majeure semble bien un retour à la simplicité.

From → Circuit court

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