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 » Du vin ? Oui, mais du bio ! « 

by sur 21 décembre 2011

Un article publié le 13 décembre 2011 sur le site Internet du magazine Rayon Boissons montre qu’un Français sur trois achèterait du vin bio au moins une fois par an. Dans cet article, on s’aperçoit également que le marché des vins bios est en progression. Son chiffre d’affaire a augmenté de 8 %, rien que sur l’année 2010. Pour acheter une petite bouteille de vin biologique, il faut compter dix euros. Une autre étude montre que 83 % des Français connaissent le vin bio tandis que 39 % disent en consommer.

Si le vin bio français commence à s’implanter dans les foyers de l’Hexagone, à l’étranger, c’est déjà une vedette. Il a la cote et excelle dans les concours de dégustation à l’aveugle. Est-il meilleur que la production dite  » conventionnelle  » ? Quelles sont les régions qui en produisent le plus ? Petit tour d’horizon sur le  » vin bio « , un vin pas si biologique que son appellation peut le laisser croire.

Le vin bio n’existe pas…

Tout d’abord, rétablissons la vérité. Le vin biologique n’existe pas. Ceci n’est pas une farce mais un fait avéré. La preuve avec ce qui suit. Le vin bio en tant que tel n’existe pas. En effet, ce n’est pas la vinification qui est prise en considération, mais la viticulture. Autrement dit, la culture biologique de raisins est reconnue, la transformation des grappes en vin, non.

Bouteilles certifiées " vins biologiques " grâce au logo Agriculture Biologique.

Bouteilles certifiées " vins biologiques " grâce au logo Agriculture Biologique.

Pourtant, c’est ainsi que l’on désigne les bouteilles issues de l’agriculture biologique. Vous trouverez aussi d’autres dénominations comme vin naturel, nature, propre, authentique, biodynamique… Toutes désignent des nectars fabriqués à partir de cultures biologiques, légalement encadrées. Mais la vinification ou le traitement du jus en cave est libre, il n’existe aucun règlement européen en la matière. Ce qui laisse libre cours aux manipulations marketing. Les vignerons peuvent ainsi ajouter au vin tous les produits chimiques autorisés. La formule légale appropriée serait en réalité « vin issu de raisins de l’agriculture biologique« .

De plus, le vin est par définition un procédé naturel. Ce sont les procédés visant à optimiser le rendement des vignes (insecticides, traitements, désherbants…) et la conservation du vin qui le sont moins. Le « vin bio » contribue à limiter les interventions chimiques sur les cultures. Par définition, l’agriculture biologique exclut l’usage d’engrais et de pesticides de synthèse et d’organismes génétiquement modifiés.

Par conséquent, l’univers du vin bio est loin d’être uniforme. La seule règlementation officielle en la matière est celle de l’apposition du logo AB sur l’étiquette des vins issus de raisins de l’agriculture biologique. Aujourd’hui, seul le logo AB permet de distinguer ces vins. Celui-ci est délivré par le ministère de l’Agriculture. Cette mention sur les étiquettes n’a d’ailleurs été autorisée qu’en 2004. Néanmoins, le vigneron doit attendre au moins trois ans après la mise en place de la structure biologique pour obtenir ce précieux logo.

Viticulture biologique

La viticulture bio représente 1,4 % du vignoble français. Près de 1 500 vignerons y sont attachés, dont 10 à 15 % suivent les préceptes contraignants de la biodynamie. Certaines techniques sont propres à la viticulture bio. Il existe bien entendu des différences par rapport à la culture dite « conventionnelle ». Les rendements sont moins importants, mais plus qualitatifs. Cette culture demande aussi aux vignerons plus de patience (vendanges et arrachage des herbes manuelles par exemple). Signe de qualité artisanale, la vendange manuelle est associée à la culture de vignes bio même cette méthode n’est en aucun cas un gage de qualité.

Le viticulteur doit également respecter le cahier des charges de l’agriculture biologique. La pratique de l’enherbement est ainsi encouragée, ce qui permet de rééquilibrer le sol, de concurrencer la vigne et donc d’en diminuer le rendement.

Les régions les plus bios

La première raison du passage au bio réside dans la préservation de l’environnement et de la santé des vignerons, particulièrement exposés aux produits de synthèse. Le bio est aussi un moyen comme un autre de valoriser le terroir et les vins qui en sont issus. C’est d’ailleurs ce qui s’exporte le mieux. 70 % de la production est exportée.

Certaines régions se sont tournées plus que d’autres vers le bio. C’est le cas par exemple du Languedoc-Roussillon qui représente à lui seul plus de 30% des surfaces bio viticoles françaises. C’est sans conteste la région la plus productive dans ce domaine. Ensuite arrivent la région PACA avec 22 %, puis l’Aquitaine avec 14 %. Les autres régions présentent des taux nettement en deçà : entre 9 % (Pays de la Loire, Centre) et 1 % (Champagne-Ardenne, Corse). Il faut dire qu’elles disposent de beaucoup moins d’hectares destinés à la viticulture.

Montpellier, capitale française du vin biologique !

Un exemple des procédés pouvant rendre le vin encore plus bio...Depuis 19 ans, un salon est entièrement dédié au vin biologique. Il se tient chaque année à Montpellier. Le nom de ce festival : le Millésime Bio. Considéré comme le mondial du vin de l’Agriculture biologique, réservé uniquement aux professionnels du secteur, le salon regroupe tous les ans des exposants, des producteurs et des négociants du monde entier. Ils étaient 560 en 2011. Quinze pays étaient représentés. En tête, le trio France – Italie – Espagne, mais des destinations exotiques étaient de la partie. Des régions viticoles comme la Californie, le Chili et l’Argentine. Il n’y a donc pas que le Montpellier Hérault d’Olivier Giroud ou la bande à Nicolas Karabatic comme tête d’affiche. Le vin biologique est une vraie vedette dans l’Hérault. Le salon mondial aura lieu les 23, 24 et 25 janvier 2012. Trois jours de folies au cours desquels le vin bio sera à l’honneur. Le rendez-vous est pris. Alors tous dans l’Hérault pour la 19e édition du Millésime Bio !

Mais au fond, est-ce meilleur ?

On est en droit de se poser la question. Un premier constat s’impose. Si 70 % de la production de vin bio part à l’étranger, c’est qu’il est très apprécié chez les pays importateurs. C’est le cas notamment du Japon, des Etats-Unis et de nos voisins européens.

D’autre part, les vins bios ont la cote lors des dégustations à l’aveugle. Il sont souvent préférés aux productions conventionnelles. On reconnaît au vin dit « bio  » des avantages sanitaires. Il préserverait mieux les vitamines et autres nutriments que l’on peut trouver dans le vin. De plus, la limitation de l’usage de produits de synthèse évite aux consommateurs certains maux de tête et de ventre. A condition de le boire avec modération, cela va de soi.

Malgré tout, il faut rester sur ses gardes, car l’apposition du logo AB sur une étiquette ne garantit pas forcément la qualité du vin, étant donné que la vinification n’est pas réglementée. Les dérives marketing sont courantes et sèment le trouble chez le consommateur. Certains vignerons ne sont pas affiliés à des chartes privées de vinification « bio » et pratiquent les procédés conventionnels. Alors méfiance les amis !

A chacun de se faire sa propre opinion. A bon entendeur, salut !

From → Consommation, Région

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