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Savez-vous planter de la viande ?

by sur 4 février 2012

Fabriquer de la viande artificiellement. C’est l’ambition de plusieurs chercheurs internationaux. Plusieurs études ont été réalisées, pour réussir à en produire à partir de la culture in vitro de cellules souches.

Carnivores ! La consommation de viande, au début des années 1960 avoisinait les 70 millions de tonnes par an, depuis elle a augmenté de manière exponentielle. Selon la FAO (Food and agriculture organization, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), elle était estimée en 2007 à 284 millions de tonnes et devrait doubler d’ici à 2050.

La viande in vitro pourrait être la solution à de nombreux mots : émissions de CO2, pollution, le lisier, l’élevage de masse, le risque d’épidémie…. Des poulets artificiels dans nos assiettes ? Cette initiative, qui a germé depuis une dizaine d’années dans l’esprit de plusieurs chercheurs, permettrait de réduire la surexploitation. Combien pour nourrir les États-Unis ? 40 milliards de poulets, poissons et autres vaches et porcs seraient tués chaque année pour subvenir à cette nation de 300 millions d’âmes… La Nasa, l’agence spatiale américaine, a été la première à s’intéresser à ce procédé car il pourrait permettre de fournir des protéines à des astronautes lors d’un long voyage vers Mars.

On la plante avec la tête…

Et ce bout de viande, il serait fabriqué comment ? Des steaks in vitro à partir de cellules souches, c’est à dire trouver des nutriments pour accroître leur nombre afin que la matière puisse être produite en quantité. A l’heure actuelle 25 chercheurs sont à pied d’œuvre pour apporter des solutions à ce défi de taille. Mais qu’on se rassure (ou pas), la fin des recherches « devraient aboutir d’ici une dizaine d’années», affirme Marloes Langelaan, de l’université d’Eindhoven, aux Pays-Bas, pays où les recherches sont les plus avancées. Selon d’autres « têtes pensantes », pour arriver à réussir une viande économe et plus sûre écologiquement, il faudra mettre le prix. Mais aussi, produire une quantité d’hormones ou de facteurs de croissance nécessaires au développement des cellules musculaires et des antibiotiques pour éviter les contaminations. Et surtout que cette « viande de laboratoire » ait l’aspect tendre et savoureuse… Les gouvernements sont-ils prêts à fournir les fonds pour cette recherche ? Pas sûre…

…Et on pense déjà à l’avenir

Des brevets ont déjà été déposés par des firmes privées et des laboratoires universitaires. Même les associations lancent un mot d’ordre, comme la PETA qui œuvre pour la défense des animaux. Elle a lancé un défi à l’encontre des chercheurs : offrir 1 million de dollars à qui parviendra à produire de la viande artificielle, en quantité suffisante et commercialisable, d’ici au 12 juin 2012. Selon Michel Griffon, agronome et économiste auteur de plusieurs ouvrages sur la sécurité alimentaire dans le monde, les hommes devraient manger directement les protéines, comme le soja. Au lieu de le donner à manger au bétail. Problème : choisir entre une belle entrecôte et du soja. Malheureusement pour beaucoup, le choix est vite fait…

Pour faire un poulet éprouvette, ou un steak in vitro, afin de nourrir une certaine population, les recherches sont encore longues...

3 questions à Jean-François Hocquette, de l’unité de recherche sur les herbivores de Clermont-Ferrand.

Pourquoi la consommation de viande a-t-elle autant augmenté ?

Nous serons 9 milliards en 2050, la consommation augmente nécessairement dans les pays en voie de développement. Les niveaux de vie ont été modifiés : en Chine, en Inde, les habitudes alimentaires ont évolué. Tandis que dans les pays européens, il y a plutôt une saturation de la consommation, voire même une baisse. La consommation totale de viande augmente, mais celle par habitant ne s’accentue pas dans les pays développés.

La viande de laboratoire, est-ce réalisable ? Comment reproduire l’aspect tendre si cher au consommateur ?

Pour des raisons techniques, je pense que ces perspectives sont quelque peu utopiques. Il y a aussi des raisons d’acceptation. En France, par exemple, beaucoup ont du mal avec les OGM (Organisme génétiquement modifié, ndrl), alors vous vous imaginez avec la viande de laboratoire ? Il y a une très grande méfiance. Et puis pour cultiver in vitro, il faut des cellules musculaires, des nutriments, des acides aminés, du glucose, des acides gras, des antibiotiques. Comment faire pour produire en grande quantité ? Il va falloir des laboratoires géants ! Et puis, pour reproduire la diversité de viande, cela va être extrêmement difficile de retrouver le goût original…

Ne plus manger de viande, est-ce possible ?

Les protéines végétales ne suffisent pas. Car le corps a besoin de protéine animale. C’est un apport qui correspond aux besoins de l’homme. La viande apporte du fer, des vitamines, des acides aminés nécessaires. Réduire notre consommation, oui ! Car tout excès est préjudiciable. Mais ne pas en manger du tout, ce n’est pas mieux non plus. Tout aliment par sa constitution permet des apports positifs et négatifs. Il faut donc les varier.

Clémentine BAUDE

From → Consommation, Santé

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