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Virgin pesticides

by sur 26 mars 2012

Dans une France triste et las des années deux mille dix, la Direction générale de la santé, réorganisée en 2007, autorise la hausse du taux de pesticide dans l’eau. Elle a deux alliés, de jolis ministères. Cet incident éclaire d’un jour nouveau la politique sanitaire du pays.

L’histoire, relatée par l’intermédiaire de quelques associations, obsédées par ces pesticides cancérigènes, dépeint avec cynisme le lobbying de l’agriculture productiviste. Petit a petit, la politique sanitaire se dégrade et les ministères réintroduisent l’épandage aérien. Alors que la situation s’aggrave, les associations décident d’alerter la population.

Epandage de pesticides. Crédits Ecoagriculture Partners

Une circulaire du ministère de l'intérieur du 5 mars 2012 autorise de nombreuses exceptions à l'interdiction de l'épandage aérien de pesticides. Crédits Ecoagriculture Partners

Le scénario est planté, mais ce n’est pas une fiction. La première scène se joue en décembre 2010. La Direction générale de la santé rédige alors une instruction sur la qualité de l’eau du robinet. Publiée dans l’indifférence au Journal officiel en février 2011, la directive 98/83/CE (.pdf) augmente le seuil de tolérance en pesticide dans l’eau de 400 %.

Avant 2011, le taux d’un pesticide individuel dans l’eau ne devait pas dépasser 20 % d’une valeur sanitaire maximale, sinon des mesures de restriction étaient instaurées.

Désormais, ce taux peut atteindre 100 % de la valeur sanitaire maximale. Cette dernière doit donc être dépassée pour que l’eau du robinet soit déclarée impropre à la consommation.

Goutte suspendue au bout d'un fil. Crédits Alex BartaÇa ne fait qu’un mois que Génération Future a fait cette découverte. L’association spécialisée dans la question des pesticides s’en émeut et rappelle que la limite dite « de qualité » est fixé à 0,10 µg/L. Or, la directive de février 2011 autorise par exemple maintenant de l’eau du robinet contenant de l’atrazine, un pesticide fréquent, à des taux de 2 µg/L.

Ce changement de norme dérègle les compteurs statistiques. Mécaniquement, les personnes concernées par des eaux polluées sont désormais moins nombreuses.

Retour de l’épandage aérien

Le drame ne s’arrête pas là. Une nouvelle scène a comme acteur principal le ministère de l’agriculture. Une circulaire confidentielle adressées le 5 mars aux directions régionales de l’agriculture et services vétérinaires, dont Le Monde s’est procuré un exemplaire, permet un retour des épandages aériens. Bien qu’ils soient interdits depuis la loi Grenelle II, de nombreuses dérogations sont maintenant accordées pour nourrir le maïs, la vigne et les bananiers.

Parions que les jurés de la Semaine internationale sans pesticide, qui se tient jusqu’au 30 mars, sauront apprécier cette performance des institutions publiques dans tout ce qu’elle a de plus délicate et fertile.

Sylvain Ernault

From → Santé

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