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La France a besoin d’oeufs


La France manque d’oeufs. Alors que nous en consommons 14 milliards chaque année, il en manque 21 millions par semaine. Les prix ont commencé à augmenter. Les professionnels de la pâtisserie, des pâtes alimentaires et des plats préparés sont les premiers a en subir les conséquences. Pas les consommateurs : la grande distribution a signé des contrats à prix fixes avec ses fournisseurs.

Selon le site La Terre de chez nous, cette pénurie s’explique par les 47 millions d’œufs qui, quotidiennement, ne peuvent être ni commercialisés, ni exportés parce qu’ils ne proviennent pas d’élevages conformes à la réglementation sur le bien-être des poules pondeuses. Réglementation en vigueur depuis le début de l’année. La production est donc suspendue jusqu’à ce que les éleveurs réalisent les aménagements nécessaires et agrandissent la taille des cages. En attendant, impossible d’exporter des oeufs de nos pays voisins. L’Espagne, la Belgique, la Pologne, la Bulgarie et l’Italie subissent la même crise. Seule solution : acheter des oeufs en provenance des Etats-Unis.

D’ici là, la production sera sans doute, d’ici juin prochain, inférieure de 20 % aux besoins de l’Union européenne. Certains industriels ont déjà dû prendre des mesures de chômage partiel. Dans tous les cas, le retour à la normale n’est pas prévu avant fin 2012.

Meddeh Belkanichi

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Moins d’antibiotiques dans les viandes d’élevage américaines ?


Le FDA (Food and Drug Administration) a proposé une série de mesure (document PDF), mercredi dernier, pour réduire la consommation d’antibiotiques dans les élevages de porcs, de volailles et de bœufs.

Les animaux d’élevage américains consomment plus d’antibiotiques que les habitants. L’objectif annoncé des producteurs de viande : éviter les maladies qui peuvent décimer les troupeaux, mais l’autre raison, un peu moins assumée, est que la consommation de ces molécules permet aux animaux de grandir et de grossir plus rapidement. Problème : cette importante concentration de médicaments peut créer une résistance aux antibiotiques chez les consommateurs, et donc des problèmes de santé publique.

Pour lutter contre cette sur-consommation de médicaments, le FDA a donc publié une série de trois documents à destination des éleveurs, des industries pharmaceutiques et des vétérinaires. Ces propositions pourront être suivies par les volontaires, et s’appuient sur un partenariat étroit avec les acteurs du secteur. En effet, le FDA considère que des actions volontaires seront plus efficientes qu’une quelconque interdiction des produits incriminés.

De leur côté, les organismes de contrôle indépendants dénoncent déjà des mesures inefficaces, aux vues des lobbies liées à ces industries, et aux bénéfices dégagés par cette consommation impressionnante de médicaments. Pas sûr que la santé publique réussisse à peser face à cela ?

Louise Delépine

La restauration rapide surfe sur la crise


Entre 2000 et 2010, le nombre d’établissements en Ile-de-France a augmenté de 74 %, d’après le Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services (CROCIS). La restauration rapide tient aujourd’hui une place de premier choix pour les Franciliens (PDF).

L’évolution des modes de vie a bouleversé les habitudes de consommation alimentaire autour des notions de rapidité et de praticité. La pause déjeuner a considérablement raccourci. Elle ne dure aujourd’hui que 31 minutes alors qu’elle était  de 1h38 en 1980. Les Franciliens, qui travaillent souvent loin de leur domicile, optimisent cette pause en y consacrant un minimum de temps pour effectuer une autre activité en même temps, comme le shopping ou le travail. C’est ainsi que s’est développé le « nomadisme alimentaire« , qui a favorisé la croissance des ventes de produits de « snacking » destinés à une consommation immédiate et/ou ambulante.

Des repas à moins de dix euros

Le contexte économique de crise a en outre amené les clients à rechercher le meilleur rapport qualité/prix, et à choisir des formules à prix modique. Ce qui a favorisé l’essor de la restauration rapide : 71 % des repas pris hors domicile coûtent moins de 10 euros, boisson comprise. Les établissements s’efforcent de proposer une offre en adéquation avec le montant moyen d’un ticket-restaurant, de 8 euros environ.

Avec 31, 2 milliards d’euros en 2010, la restauration rapide représente désormais 40 % de la consommation alimentaire hors domicile au plan national. Alors que la restauration a connu un recul en fréquentation et en dépense moyenne par personne en 2009, la restauration rapide est restée stable.

En parallèle, souffrant de la concurrence de ces nouveaux concepts, le nombre de cafés a baissé de 34 % en Ile-de-France. Selon le CROCIS, les snacks et sandwicheries ou autres salad-bars et bars à pâtes sont «plus adaptés à l’évolution des comportements». On trouve aujourd’hui en Ile-de-France quatre fois plus de restaurants rapides que de débits de boissons.

Mathieu Beaudouin

Maintien des ventes de surgelés pour 2011

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Le fromage à l’étude des scientifiques


Depuis 2007, l’agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa) a décidé d’évaluer l’innocuité des bactéries, levures, et moisissures présentes dans plus de 400 fromages différents. Le célèbre fleuron de notre patrimoine national serait-il nocif pour la santé ?

«Les fromages sont un écosystème très compliqué», souligne Jeanne Ropars, doctorante au département « Systématique et Evolution » du Muséum nationale d’histoire naturelle. Pour obtenir le précieux statut de « présomption d’innocuité reconnue » qui autorise la ventes sur le marché, les responsables européens de la sécurité alimentaire ont identifié tous les micro-organismes qui interviennent dans le processus de production du fromage. Cette étude, financée par les industriels fromagers, vient de franchir sa première étape. Des centaines d’échantillons anonymes de fromages industriels français ont été analysés, et les résultats mis en ligne dans la revue International of Food Microbiology. Les fabricants sont donc désormais en mesure de transmettre l’identité des moisissures présentes dans leur fromage.

Un processus de fabrication difficile à contrôler

« La fabrication d’un fromage tient d’une alchimie très particulière et très complexe » souligne Christian Cabrol, président du Conseil national de l’alimentation. Aujourd’hui encore, et malgré une fabrication industrielle à partir de lait totalement aseptisé, les contaminations par bactéries ou moisissures présentes dans les caves d’affinement sont régulières. Le développement de la flore bactérienne peut alors entraîner des risques pathogènes, plus particulièrement pour les fromages au lait cru, appréciés par de nombreux Français. Avec une production d’environ 218 000 tonnes dans l’Hexagone, ils représentent 20 % du tonnage des fromages affinés et 72 % de la production d’AOC (appellation d’origine contrôlée).

En réalité, les risques infectieux liés à la production des fromages industriels sont assez limités, mais inévitables. Selon Christian Cabrol, « le risque d’être à zéro n’existe pas, il serait donc dommage avec ces études de mettre en péril la fabrication des fromages au lait cru ».


Maintenant que les moisissures ont été identifiées, une équipe de l’Institut National de Recherche Agronomique (Inra) devrait bientôt publier les résultats des recherches (l’ADN bactérien des différents fromages) et déterminer si les moisissures présentes peuvent parfois être pathogènes. 

Espérons que l’agence européenne de sécurité alimentaire ne nous enlève pas nos précieux fromages, partie intégrante du patrimoine gastronomique de nos régions depuis déjà quelques siècles…

Loup Bureau

Gluten : intolérance et maux alimentaires


L’intolérance au Gluten (protéine contenue dans certaines céréales) est une pathologie encore mal connue. Seulement 10 à 20% des cas seraient diagnostiqués dans notre pays, et 1 personne sur 100 pourrait développer cette maladie en Europe selon l’Association française des intolérants au Gluten (AFDIAG). Si la maladie est détectable grâce à des analyses urinaires, il n’existe aujourd’hui toujours pas de traitement. Le seul remède est l’élimination totale du Gluten dans l’alimentation.

Selon le site IntoleranceGluten.com, ce n’est pas l’aliment lui-même qui est à l’origine de la réaction mais plutôt « son accumulation ». Ce surplus de Gluten (contenu dans le blé, le seigle, l’orge et l’avoine) entraine une inflammation chronique du métabolisme et provoque une atrophie des villosités de l’intestin grêle (les villosités permettent aux nutriments de transiter facilement vers le sang, ndlr). Là où cette pathologie est pernicieuse, c’est que ses effets ne sont pas visibles immédiatement. Les problèmes inflammatoires les jours suivant peuvent alors être aggravés.

Eliminer la substance de l’organisme

Les patients qui réagissent au Gluten sont invités à éliminer totalement la substance de leur alimentation, sachant que les premiers résultats ne sont visibles qu’au bout de six mois à un an. Le but étant de désintoxiquer l’organisme. En parallèle, on conseille aux personnes intolérantes de cesser également de manger des aliments de même famille biologique,  comme les gâteaux,  les pâtisseries, les pâtes, les hamburgers, les pizzas,… Plus encore, il est conseillé de vérifier l’absence de farine et d’amidon sur les étiquettes d’emballages.

Une intolérance passagère ?

Pour certains patients, la diète peut être passagère. Si le Gluten a été totalement éliminé de l’organisme, il peut être réintroduit progressivement dans l’organisme tout en évitant une accumulation de toxines. A voir : une vidéo de l’Association française des intolérants au Gluten (AFDIAG) pour sensibiliser le public à la maladie, à travers des stages éducatifs proposés à des jeunes.

A voir : une vidéo de l’Association française des intolérants au Gluten (AFDIAG) pour sensibiliser le public à la maladie, à travers des stages éducatifs proposés à des jeunes.

Les poissonneries vers le naufrage


Un tiers des poissonneries a fermé les vingt dernières années. Ces commerces de proximité prennent l’eau mais tentent de rester dans le sillage de la grande distribution.

En 2011, il restait 2 926 poissonneries, selon l’Union nationale de la poissonnerie française. Depuis plus de 10 ans, ce métier de bouche est prisonnier de la marée descendante.

Cette déferlante épargne en partie certaines régions. Logiquement, le littoral résiste davantage. C’est la région PACA qui mène la flotte. 12,7 % du marché y est concentré. Vient ensuite la Bretagne avec 11,1 %.

Une demande en progression

Pourtant, la demande progresse régulièrement. Elle a augmenté de 30 % ces dernières années. Mais c’est la grande distribution qui surfe sur la vague. L’organisation des circuits d’approvisionnement lui permet de garantir des prix d’achats compétitifs. En 1999-2000, la grande distribution détenait 65,5 % des parts de marché. Aujourd’hui, ce chiffre est évalué à 68 %.

La poissonnerie traditionnelle est également victime de son âge. Le vieillissement des entrepreneurs individuels et les difficultés de recrutement des salariés, potentiels repreneurs, participent à la disparition des établissements. Ce secteur est à bout de souffle… mais pas encore coulé.

Le bio peine à s’inviter dans les restaurants collectifs


Le bio se fait timide dans la restauration collective. Les établissements scolaires, hospitaliers et sociaux ne raffolent pas des produits issus de l’agriculture biologique. Pour cause, des prix dissuasifs et des normes sanitaires contraignantes.

L’objectif est clair. D’ici fin 2012, un produit sur cinq transformé en restauration collective devra provenir de l’agriculture biologique, stipule la loi Grenelle. La réalité est toute autre. Actuellement, ce chiffre est de l’ordre de 2%.

La source du problème est de nature financière. L’approvisionnement en bio fait gonfler les budgets des restaurants collectifs. A Réguiny, commune du Morbihan, « passer l’ensemble des pommes de terre, carottes, poireaux et betteraves en bio amènerait un surcoût de 1 100 € par an, soit… une hausse du coût du repas de 0,06 %« , indique Martine Auffret, en charge du dossier de la restauration collective au Groupement des agriculteurs biologiques (Gab).

Comment résoudre le problème du financement ? Trois axes semblent possible : une prise en charge du surcoût par les collectivités territoriales, les établissements ou par les consommateurs. Reste à satisfaire l’ensemble des acteurs.

Stockage des déchets interdit

Au problème budgétaire, vient s’ajouter celui de la transformation. Les restaurants collectifs ne peuvent introduire ce procédé dans leurs locaux. Les moyens humains sont insuffisants. Le stockage des déchets est proscrit, car jugé antihygiénique.

Il convient donc de transformer les produits au plus près des producteurs. Condition difficilement applicable car les exploitations sont bien souvent de taille réduite et éparpillées sur les territoires. La restauration collective ne semble donc pas encore disposée à se mettre complètement au vert.

Arnaud Botrel

Coca-Cola, KitKat, Nescafé, Milka, sont-ils les mêmes partout ?


 Si les grandes marques d’alimentation sont identiques à travers le monde, le goût des produits lui n’est pas le même partout. C’est ce qu’affirme une association slovaque de consommateurs qui a examiné dans une étude récente, la qualité nutritionnelles des produits des grandes marques tout autour du globe. 

Consomme t-on les mêmes produits des grandes marques à travers le monde ? C’est ce qu’a voulu savoir une association slovaque de consommateurs, en association avec l’organisation « World Action On Salt and Health », créée en 2005 et dont la mission est d’améliorer la composition nutritionnelles des produits des multinationales dans le monde.

D’après leurs recherches, le chocolat Milka serait la seule grande marque dont la composition et le goût ne dépendrait pas du pays dans lequel il est commercialisé. Les autres marquent elles, s’adapteraient aux territoires concernés.

Chaque jour, 1,5 milliard de bouteilles de Coca-Cola sont vendues dans le monde. Crédit photo Flickr.

Une qualité inégale selon les pays

Dans les pays pauvres, les sucres utilisés pour la fabrication des produits de grandes marques ne sont pas les mêmes. Dans le cas de la boisson mondialement célèbre « Coco-Cola », le sucre est substitué par de l’isoglucose (glucose fabriqué à partir d’amidon de maïs), beaucoup moins cher à la production.

Si la différence de goût est quasiment imperceptible, l’isoglucose suscite de nombreuses controverses, accusé de provoquer l’obésité et d’augmenter le risque de diabète. Mais ces différences de composition ne concernent pas seulement les produits dans le commerce.

La quantité de sel ajouté aux plats par les chaînes de fast-food internationales varierait aussi selon le pays. Un double cheeseburger au bacon au Canada contiendrait 66 % de sel de plus que le même sandwich en Grande-Bretagne.

Même chose pour les grandes chaînes de restauration de pizzas. En mangeant une pizza hawaïenne de Pizza Hut en Nouvelle-Zélande, on consommerait deux fois plus de sel qu’en la mangeant au Canada.

Lou Bureau

Un forum pour l’or bleu


Le forum mondial de l’eau s’est tenu à Marseille du 12 au 17 mars dernier. Quelques 35 000 participants de plus de 170 pays, institutions, entreprises, associations et politiques se sont réunis pour discuter et débattre des solutions autour de la gestion de l’eau sur le globe.

« Ce n’est pas moins que le futur de l’eau qui se décide à Marseille », a déclaré Loïc Fauchon, président du Conseil Mondial de l’Eau, durant la cérémonie d’ouverture du forum. Depuis sa création en 1997, ce grand rassemblement réunit tous les trois ans de nombreux acteurs, élus et politiques liés au secteur de l’eau dans le monde. Son but : mobiliser les imaginations, les innovations et les compétences pour faire avancer la cause de l’eau. Et la tâche n’est pas moindre.

Avec près de 10 milliards d’êtres humains d’ici 2050, la nécessité de « réformer la gestion de l’eau pour éviter une grave détérioration des ressources est urgente » souligne l‘organisation de coopération et de développement économique. Fin 2010, 89 % de la population mondiale, soit 6,1 % milliards de personnes, avaient accès à des « sources améliorées d’eau potable », soit plus que l’objectif du millénaire de 88 % fixé pour 2015. Mais la question de savoir comment assurer de l’eau saine et une alimentation suffisante aux 9 milliards d’habitants prévus pour 2050 reste sans réponse.

L'eau est de plus en plus souvent polluée ou porteuse de maladies. Chaque année, elle cause la mort de millions d'innocents.

Le temps des solutions

Au cours de cette sixième édition du forum mondial de l’eau, de nombreux concepteurs et entreprises ont présenté de nouveaux systèmes permettant de transporter l’eau, la rendre potable et favoriser son accès au plus grand nombre.

« C’est une nouveauté de scénarisation du Forum« , explique Guy Fraudin, vice président du comité international du 6ème forum de l’eau. Le village présente les innovations les plus frappantes, celles qui ont le plus retenues l’attention » comme le « bélier hydraulique » de la fondation AIFDI, des Philippines. Il s’agirait en fait d’une pompe fonctionnant sans électricité et qui permettrait d’acheminer l’eau dans les villages isolées de montagne. D’une valeur de 8 000 euros, cet équipement pourrait alimenter à lui seul une cinquantaine de foyers.

En parallèle aux nombreuses propositions des professionnels et organismes, une plate-forme de solutions en ligne intitulée « solutionsforwater » a été mise en place pour le public. De nombreux internautes et particuliers ont ainsi pu proposer des idées, discuter et débattre autour des solutions pour résoudre les problèmes de l’eau.

Une prise de conscience progressive

La prise de conscience mondiale autour de l’eau est en cours et de nombreuses répercussions concrètes positives se sont d’ores et déjà mises en place. L’objectif de faire en sorte que 88% de la population mondiale ait accès « à des sources améliores d’eau potable » a été atteint fin 2010, mais c’est loin d’être suffisant.

Des millions de personnes demeurent exposées à toutes sortes de maladies dues à une eau contaminée, en particulier les enfants. D’après un rapport de l’UNESCO de 2009,  « près de 5000 enfants meurent ainsi chaque jour pour s’être désaltérés avec de l’eau polluée ». D’après Alex Ducourneau, anthropologue au CNRS, les solutions envisagés lors du forum de l’eau à Marseille sont efficaces, mais le « problème majeur reste leurs diffusions dans les zones concernées« .

Lou Bureau